La revue littéraire et artistique

Man on high heels 하이힐

Man on high heels

« Ça, c’est un vrai mec ».

Ji-wook, séduisant policier taekwondoiste tout droit sorti d’un comic de Marvel, lacéré de cicatrices, tourmenté et peu bavard — en somme, le cliché du flic viril — tue le temps en pourchassant des mafieux qui lui proposent de quitter la police pour devenir gangster, ou en traquant des violeurs en série avec sa jeune collègue, qui ne manque pas de tomber amoureuse de lui.
De nombreuses scènes explosives, de la testostérone, du suspens, un vrai manga pour mecs, avec de vrais machos ?

Un seul nuage : Ji-wook, le super-héros, ne rêve plus d’exploser les méchants mafieux. Il fantasme de devenir une femme, se travestit subrepticement et nuitamment, se pique —non pas à l’héroïne mais aux œstrogènes — fréquente des boîtes trans et se pâme en pensant aux grands yeux mélancoliques de son amour de jeunesse : son joli camarade de classe.

Jin Jang rassemble Tarantino et Almodóvar pour créer un pur produit sud-coréen, ultra-violent, et assez dérangeant — dans le bon sens du terme — qui n’est pas sans rappeler à plusieurs titres le chef-d’œuvre de Park Chan-Wook, Old boy (2003, Corée du Sud). Le premier des huit longs-métrages de Jin Jang à être distribué en France est une réussite, et prouve que le cinéma sud-coréen a un brillant avenir.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :