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Zao Wou-Ki collectionneur

Zao-Wou-Ki-Collectionneur

Exposition de la donation de l’artiste
Du 18 juin au 30 décembre 2016, musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun

Pour notre plaisir, ce n’est pas dans une grande ville que tous les touristes connaissent que le maître chinois expose.
La collection personnelle de Zao Wou-Ki (1920-2013) est dévoilée pour la première fois intégralement au musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun dans l’Indre — où en 2008 le peintre avait déjà exposé ses « Encres de Chine et aquarelles – 1954-2007 ».
« Zao Wou-Ki collectionneur » a pu voir le jour grâce à la donation de sa veuve Françoise Marquet-Zao à la ville d’Issoudun en octobre 2015. Zao Wou-Ki a enrichi sa collection depuis son installation à Paris en 1948. Que cela soit des acquisitions ou des donations, 56 artistes  — Antonin Artaud, Max Ernst, Alberto Giacometti, Henri Goetz, Paul Klee, Jean-Michel Meurice, Henri Michaux, Pablo Picasso, Pierre Soulages, Sugaï, etc. sont réunis, tous ont grandement influencé le peintre chinois.

Outre les 90 oeuvres de la collection personnelle de Zao Wou-Ki, sont exposées trente de ses propres créations ; on a tour à tour des toiles impressionnistes immenses, douces, irisées, mouvantes, et insaisissables ; des calligraphies sobres et élégantes, et aussi des collages étranges, des pans de couleurs tangibles qui semblent se suffire à eux-mêmes et inviter aux interprétations équivoques.  Zao Wou-Ki le peintre, le graveur, le calligraphe, le collectionneur, l’esthète, le littérateur, le lithographe, le Chinois, le Français, le chantre du beau, du furtif, de l’insaisissable, de la vanité de toute chose, de l’éternité et de l’instant, du mouvement et de l’éternel retour. Le peintre onirique et silencieux des splendeurs de l’Asie — laquelle est simultanément insaisissable, fluide, mystérieuse…
Les réminiscences d’estampes et de gravures chinoises antiques, les modèles inspirés par Henri Matisse, l’influence américaine, la vie parisienne  : tout fusionne.

L’artiste utilise tout à tour la gouache, l’encre le fusain, l’aquarelle et l’encre — qu’il expérimente dans les années soixante-dix et ne quittera plus. Après la figuration, l’abstraction durant trente années le définira ; finalement, on retourne au chaos primitif: celui de la création.
Comment peindre le vide qui entraîne la création ?  Zao Wou-Ki improvise t-il ?
Non, c’est un coloriste habile qui fait surgir la lumière et l’obscurité à sa guise, dans d’infinies circonvolutions ; les couleurs se fondent et se séparent dans un chaos destructeur et créatif ; des idéogrammes fragiles s’entremêlent : seraient-ce quelques préceptes taoïstes gravés et qui renverraient à d’ancestraux rythmes internes à la nature ?

Quoi de plus inattendu que d’exposer Zao Wou-Ki et sa collection au musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun ? Pas si étonnant, parce que Zao Wou-Ki au cours de ses études artistiques, a profondément été influencé par l’Art académique européen.
Le musée de l’hospice Saint-Roch occupe l’emplacement de l’ancien Hôtel-Dieu, fondé au XIIe siècle, et reconstruit au XVe. Cet édifice associé au label « Musée de France », comprend une chapelle et des salles des malades du XVe siècle ainsi que deux ailes du XVIIe et du XVIIIe siècle.  Ce patrimoine rassemble les Arbres de Jessé, un ensemble archéologique de la civilisation celte, des sculptures du VIIIe au XVe siècle, et une grande apothicairerie. Depuis 1995, une extension contemporaine signée par l’architecte Pierre Colboc abrite les expositions temporaires, consacrées à des artistes de notre siècle.

SignatureZaoWouKi
(c) Caroline Sauvage

 

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