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Festival Namasté France 2016

Festival namasté france 2016

Festival Namasté France 2016, du 15 septembre au 30 novembre 2016

Du 15 septembre au 30 novembre 2016, la culture indienne est à l’honneur en France. L’Ambassade de l’Inde à Paris organise pour la seconde année le festival culturel Namasté à Paris et dans plusieurs autres villes de France. Les événements présentés pendant la durée du festival offriront une vitrine du riche patrimoine culturel de l’Inde : spectacles vivants, projections de films, expositions, séminaires…

La Villette accueille  le 15 septembre la soirée d’inauguration de ce grand festival de culture indienne. La soirée démarre avec un récital de sarod[1], composé du virtuose Amjad Ali Khan  et de ses deux fils, Amaan Ali Bangash et Ayaan Ali Bangash. Le trio est accompagné des musiciens Satyajit Talwalkar, Anubrata.
En second lieu l’ambassade propose un spectacle de danse de fusion par la troupe Kadamb composée de 14 danseuses et musiciens, et dirigée par la chorégraphe de kathak[2] Kumudini Lakhia.

Toutes les splendeurs de l’Asie sacrée, l’envoûtante et mystérieuse Inde imaginée ou réelle, onirique et magique. L’Inde, la Perse, un conte des Mille et une nuits… On croirait entendre Sadegh Hedayat, le grand poète persan, décrire la beauté fatale de la bayadère[3] :

Je me représente assez bien la bayadère, ma mère, en sari de soie de couleur, brodé d’or, le visage et la poitrine découverts, un foulard de brocart jeté sur sa chevelure lourde, aussi noire que la nuit éternelle ; elle nouait un chignon sur sa nuque ; des bracelets ornaient ses poignets et ses chevilles, une fleur d’or à la narine, les yeux sombres, bridés, voluptueux, les dents luisantes, elle dansait avec les gestes lents et rythmiques au son du sétâr[4], du tambourin, du luth, des cymbales et de la trompette. Musique douce et monotone qu’exécutaient des hommes nus, coiffés de turbans. Musique pleine d’une signification profonde et dans laquelle se retrouvaient tous les secrets de magie, les superstitions, les vices et les souffrances du peuple de l’Inde. A travers ses mouvements harmonieux et ses invites sensuelles, gestes hiératiques, la bayadère s’épanouissait comme un pétale de rose. Elle laissait courir un frisson le long de ses épaules et de ses bras, s’inclinait, se redressait. Toutes ses attitudes, qui comportaient autant de sens particuliers, et qui paraissent un langage muet, quelle impression peuvent-elles avoir faite sur mon père ? Et surtout, ajoutant encore au caractère voluptueux du spectacle, l’odeur âcre et poivrée de la sueur de cette femme, mêlée au parfum du jasmin et de l’huile de santal. Parfums qui rappelaient celui de la résine des arbres lointains et éveillaient des sensations mystérieuses. Senteur de coffret de pharmacie, odeur de ces remèdes venus de l’Inde, que l’on conserve dans les chambres d’enfants, onguents inconnus, provenant de contrées ou survivent d’antiques coutumes.La chouette aveugle, Sadegh Hedayat (traduit du persan par Roger Lescot), Editions, José Corti, 1953.

[1] Sarod, instrument de musique à cordes pincées apparu au XIXe siècle au nord de l’Inde et utilisé en musique indienne classique. C’est un luth hybride issu du dhrupad rabâb, un instrument indien ancien et du rabâb afghan. Le nom dérive peut-être du persan sarûd (chanter) car nombre de chanteurs s’accompagnaient ainsi.
[2] Le kathak est une danse pure et narrative, traditionnelle du nord de l’Inde. D’origine religieuse, le kathak évolua durant la période islamique vers une forme plus divertissante. Le kathak actuel est ainsi une synthèse de deux sources : sacrée et séculière. Le mot kathak est dérivé du mot sanscrit katha qui signifie histoire, ou de katthaka qui signifie celui/celle qui raconte une histoire.
[3] Danseuse hindoue sacrée.
[4] Sorte de guitare.