La revue littéraire et artistique

Tokyo Vice, Jake Aldenstein

Jake Aldenstein, 24 ans, intègre en tant que journaliste, le service police et justice du Yomiuri Shimbun, le plus grand quotidien japonais. Il est le premier étranger à y mettre les pieds et ignore les codes en vigueur dans le monde du journalisme japonais. Nous sommes en 1993.

Tour à tour informateur de la police, interlocuteur des yakuzas, l’auteur nous entraîne dans les bas-fonds tokyoïtes où stupre, corruption et manipulation font lois. Il devient agent double, et fréquente prostituées, gangsters, journalistes et policiers.

Sa position ambiguë n’est pas sans danger. A jouer avec le feu, on s’attire un tas d’ennuis… Enquêtant sur le trafics d’êtres humains, fourrant son nez partout, sa tête est mise à prix par le Goto-Gumi, une branche du Yamaguchi-Gumi, le plus important gang yakuza du pays. À la suite de son enquête sur les mafieux, sa famille est placée sous protection du FBI pendant plusieurs années.

Il y eut une époque où je n’emmerdais pas les yakuzas, où je n’étais pas un ancien reporter lessivé qui fume clope sur clope et est pris d’insomnies chroniques. Il y eut une époque où je ne connaissais ni l’inspecteur Sekiguchi, ni même le nom de Tadamasa Goto, où je ne savais pas écrire un article en japonais sur un vol de sac à main, et où je ne connaissais les yakuzas que dans les films.

Il y eut une époque où j’étais certain d’être du côté des gentils. Ça me paraît être il y a une éternité.

Enquête journalistique, roman sociologique truffé d’anecdotes savoureuses, ce premier ouvrage des jeunes éditions Marchialy, est un témoignage passionnant.

Jake Adelstein, Tokyo Vice (Tokyo Vice, An American Reporter on the Police Beat in Japan, 2009), Marchialy, 2016. Traduit par Cyril Gay. 475 p.