La revue littéraire et artistique

Ténèbres 2018, une anthologie fantastique et horrifique

Merci à Benoît Domis qui m’a confié ce livre.

Autant le dire tout de suite, Ténèbres 2018 est une anthologie de haute tenue. Vingt-huit nouvelles la composent, et je n’ai pas trouvé dans ce sommaire de texte médiocre ou indigne de figurer dans un recueil. Il semble évident que la diversité soit un des maîtres mots ayant dirigé les choix de  Benoît Domis : en effet, les nouvelles présentées sont très variées, pour notre plus grand plaisir, et ainsi la lecture de ce gros volume n’engendre aucun sentiment de lassitude ou de répétition, tant les textes choisis nous emmènent dans des univers différents. Deux genres sont représentés : le fantastique « pur », et l’horreur parfois « gore ». Chacun, selon ses goûts et ses préférences personnelles, trouvera donc son bonheur parmi ces histoires. Pour ma part, je préfère le fantastique classique, celui qui découle des nouvelles d’un Edgar Alan Poe ou d’un Lovecraft, et qui a inspiré les grands auteurs contemporains comme Robert Bloch, Graham Masterton et bien d’autres. Ce fantastique, que je définis grosso modo comme « l’intrusion d’éléments surnaturels inquiétants dans un contexte ordinaire » paraît en perte d’audience à l’heure actuelle, au profit d’autres genres qui prolifèrent dans les librairies : fantasy et autres bit-lit mâtinées de romance niaise, visiblement écrits hâtivement à l’intention d’un public « adulescent ». J’ai donc été soulagé, en parcourant le sommaire, de ne pas y rencontrer de dragon beau parleur, d’elfe pâlichon, ou de beau vampire tourmenté par ses hormones. Pour moi, il est hors de question de donner mon sentiment sur chacune des nouvelles présentées : je préfère laisser au futur lecteur l’opportunité de découvrir, selon ses inclinations propres, les richesses de ce recueil.
Cependant, en fermant une anthologie, quelques textes restent en mémoire, parfois pour longtemps : ce sont des histoires marquantes, qui donnent envie d’en savoir plus sur leurs auteurs, et d’aller lire d’autres de leurs nouvelles. Je citerai donc certains d’entre eux, dans un choix purement arbitraire et personnel : « De Fille en Aiguille », de Dola Rosselet, est une nouvelle toute en ambiance et en atmosphère, où la suggestion provoque l’inquiétude, dans un style subtil et maîtrisé de bout en bout. « Custer et les Vampires », des Darnaudet, nous emmène dans un univers totalement différent, à l’aide d’une écriture vive et nerveuse. J’aime ces textes fantastiques qui mêlent avec harmonie faits et personnages historiques, et les créatures surnaturelles. « Hans » d’Antoine Scala : une ambiance hallucinée, un texte mémorable sur les origines du mal. « La Bande à Lazare », une sorte d’Évangile déjanté, teinté d’humour morbide. À découvrir. Enfin, «Sur la Bonne Voie », par Mike Jansen, nostalgique et émouvant comme une des bonnes histoires de Stephen King…
Mais c’est à vous, lecteur, de procéder à votre propre sélection, selon l’humeur du moment et vos propres goûts, car cette anthologie Ténèbres 2018 est une mine de découvertes et de rencontres étonnantes, que je vous recommande chaudement.

Ténèbres 2018, anthologie, Dreampress.

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