La revue littéraire et artistique

Échographie du vide, premier roman de Camille Bonvalet

Il était une fois une jeune femme de vingt-huit ans, Emmanuelle la Belle, sa famille et son prince charmant, qui vivaient dans leurs fiefs parisiens et Yvelinois, vaquant à leurs occupations respectives, affrontant les joies et les peines de la vie avec panache.

« Te voici en âge de fonder une famille, ma fille, de devenir mère ».

Hélas, Emmanuelle ne désirait pas d’enfant, elle ne voulait pas que son corps se déforme, elle refusait d’accueillir un être dans son ventre, de sacrifier sa liberté : elle ne possédait pas ce don du ciel que l’on nomme « instinct maternel ». Elle a donc été quérir un enchanteur capable de lui ligaturer les trompes. La Belle eut quatre mois de réflexion avant l’opération irréversible : « êtes-vous sûre, Ma Mie, de ne pas vouloir assurer votre descendance ? », lui dit-il.

Le roman de Camille Bonvalet est un roman féministe, on l’aura compris. Si certaines femmes ont besoin de la maternité pour s’accomplir, d’autres envisagent un autre destin loin des normes imposées par la société. Pour autant, Camille Bonvalet a su éviter les clichés associés habituellement aux féministes.

Échographie du vide n’est pas juste l’histoire d’une femme qui ne veut pas d’enfant, ou encore le manifeste d’un quelconque mouvement radical, c’est le récit d’une vie dans toute son unicité. À la fois drôle, torturée et touchante, Emmanuelle est un personnage à qui j’ai parfois pu m’identifier. Camille Bonvalet, assurément, est une auteure à suivre de près parce qu’elle met le doigt là où ça fait mal !

Échographie du vide, Camille Bonvalet, Autrement, 15 janvier 2020.