La revue littéraire et artistique

Les expositions virtuelles de la Fondation Louis Vuitton

© Yayoi Kusama, Infinity Mirror Room – Phalli’s Field (or Floor Show), 1965/2013, vue d’installation, galerie 11, exposition La Collection de la Fondation : le parti de la peinture, Fondation Louis Vuitton Paris, du 20 février au 26 août 2019. Crédit artiste © Yayoi Kusama Crédit photo © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

En ces temps de crise sanitaire, profitez de ce confinement à la maison pour (re)découvrir les expositions passées ou à venir. Beaucoup de musées et de lieux d’Art jouent le jeu en proposant au public des contenus riches à voir à distance.

Chaque semaine, la Fondation Louis Vuitton, par exemple, vous permet de visionner une exposition, un concert ou une masterclasse qu’elle a organisé depuis son ouverture en 2014.

Ce jour, je viens de visionner une synthèse de l’exposition intitulée « La Collection de la Fondation. Le parti de la peinture » qui s’est déroulée du 20 février au 26 août 2019 : https://www.youtube.com/watch?v=ylO2bB5HReA

Je n’ai pas vu l’exposition. Celle-ci présentait un florilège inédit de 70 œuvres de sa collection réalisées par 23 artistes internationaux des années 1960 à nos jours autour d’un thème principal : la peinture. Non, la peinture n’est pas un art du passé, elle n’est pas morte et a sa place dans un espace d’art contemporain !

Citons quelques-uns des artistes présentés :

Joan Mitchell est une Américaine qui met en oeuvre le principe de la peinture gestuelle, expressive et colorée (jaune notamment) sur grand format. Ici, je pense forcément à Monet et à l’abstraction américaine. Chacun y projettera ses propres fantasmes.

Carl André est un sculpteur et peintre minimaliste américain. Sa sculpture Draco apporte du volume à l’exposition, qui célèbre normalement la peinture, donc les objets en deux dimensions. Le relief de la sculpture, l’odeur (on l’imagine !) de la sculpture et son matériau — le cèdre rouge — confèrent du dynamisme à l’espace en trois dimensions.

François Morellet peintre, graveur et sculpteur français minimaliste décédé en 2016, est considéré comme une figure de proue de l’abstraction géométrique. Avec son oeuvre Relâche n°4, il prouve que l’on peut « peindre autrement » — en l’occurrence ici en entremêlant des néons de couleurs formant un tracé géométrique rappelant Mondrian.

On ne présente plus Pierre Soulages peintre et graveur français connu pour ces immenses peintures « outrenoires » aux stries variées. Son oeuvre sombre mais lumineuse a la part belle à la Fondation. Peindre uniquement en noir ce n’est pas peindre toujours la même chose. C’est peindre de façon informelle.

L’Américain Nick Mauss utilise le miroir pour créer l’oeuvre à la fois abstraite et figurative intitulée Procession ce qui permet au regardant de faire partie de la création artistique puisque son image est projetée  !

Ettore Spalletti, peintre et sculpteur italien décédé en 2019, peignait entre autres des camaïeux de couleur bleue. Citons par exemple Paesaggio 2 qui rappelle le littoral de ses Abruzzes natales. Le bleu est englobant, à la fois mer et ciel, couleur pure et omniprésente : « Le bleu n’est jamais une couleur de surface, mais un espace qui nous entoure, toujours » disait l’artiste.

Gerhard Richter, peintre allemand majeur, utilise la photographie depuis les années 1960 pour construire une réflexion parfois ironique sur la peinture notamment romantique et académique qu’il revisite. Il représente tour à tour un Cerf dans la forêt et des abstractions qui semblent être le fruit de coups de pinceau jetés au hasard sur la toile et formant des paysages. Qu’elles soient monumentales ou toutes petites, ses œuvres sont complexes et polyphoniques et il serait voué à l’échec d’essayer de les résumer ici.

Enfin, cette exposition virtuelle s’achève avec l’obsédante et obsessionnelle Yayoi kusama, la Japonaise aux pois de couleurs. L’un de ses Infinity Mirror room présenté à la Fondation est une installation colossale et immersive qui lui permet de rendre tangibles les hallucinations qu’elle a depuis son enfance. L’oeuvre présente des formes molles et phalliques (à pois, bien entendu) et les miroirs qui la reflètent sans fin provoquent délire et vertige.

Cette exposition en somme a le mérite de montrer que tout est possible : il n’y a pas une peinture mais des peintures, il n’y pas une histoire de la peinture, mais des histoires de la peinture. Rafraîchissant, intelligent et ludique ! Ce qui relie tous ces artistes ? L’avant-gardisme.